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_ __ / De nos envoyés Spéciaux: |
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_ __ / De notre envoyé Spécial: |
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\\ /__\ // \\ // | Laurent Dubourg, Voici...|
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\_/ \__/Mars ... la planète
Un désert. Une terre aride, une couleur ocre. Un vent violent qui souffle. Rien ? Si, un télescope immense qui pointe son extrémité vers la nuit de l'espace.
Clic-clac photo: La Terre !
Zzzzzz Zoom: Un continent.
Clic-clac photo: Un pays La France.
Zzzzzz Zoom: Une région Le sud-ouest.
Clic-clac photo: Une ville Rochefort sur Mer.
Zzzzzz Zoom: Le lieu: Place Colbert.
Clic-clac photo: Un immeuble.
Zzzzzz Zoom: Un studio d'où émet la radio Styl'FM.
Clic-clac photo: Fréquence 97.8 Mhz en FM
Crac-crac: Réglages des micros.
Plusieurs personnes sont présentes dans ce studio. La bonne humeur règne. Le café est bon. Comme la musique qui va vers une antenne. Une discussion a lieu.
E-coute-E-coute: Mise en marche du traducteur automatique. Ecoute....
TAM-TAM:
Comment est née la radio Styl-FM ?
Pascal:
Alors il faut repartir au début. Il y a treize ans ce était pas Styl-Fm, mais Radio-Rochefort dans les années 80. Elle est née de la passion de gens qui ont eut envies de créer une radio locale sur Rochefort, car a cette époque, en 80, beaucoup de monde avait envie de créer des radios un petit peu partout en France. C'est pour cette raison que des passionnes comme dans toute les villes de
France et de Navarre, ont crées une radio a Rochefort. Cela a donc commence sous le nom de Radio-Rochefort et quelques années après des personnes un peu plus professionnels ont pris la suite pour essayer de construire quelque chose de concrets au niveau radio et une nouvelle association c'est crée sous l'appellation de Rochefort Contact Stéréo, pendant environ dix ans. Au bout de 10 ans ...
TAM-TAM:
Est-ce une radio qui est née après la loi de privatisation des radios et donc d'émettre ?
Pascal:
Non, elle née avant, elle était considérée comme une radio pirate comme toute les radios qui se sont crées avant. Avant que la CNCL accorde des fréquences et des plans de fréquences. Nous émettions avant.
TAM-TAM:
Et donc vous émettiez avant 1981 ?
Pascal:
Tout a fait !
TAM-TAM:
Et comment ce passait vos émissions ?
Pascal:
La, je n'y étais pas, je ne pourrais pas vous répondre mais je suppose que c'était beaucoup-beaucoup de bénévolats, et que du bénévolats.
Fabrice:
Sans doute.
Pascal:
Que du bénévolats, car a cette époque il n'y avait pas de publicités sur les radios, c'était pas autorises. Les bénévoles apportaient leurs disques. Achetaient a la rigueur les cadeaux pour offrir aux auditeurs. Cela marchaient comme cela.
Fabrice:
C'était surtout pour une question de plaisir.
TAM-TAM:
C'était pour dire la radio existe avant les autorisations. En dehors des radios d'Etat ?
Pascal:
Tout a fait. Toutes les radios ont été ainsi au début.
TAM-TAM:
Quand vous avez été amenés a créer Rochefort Contact Stéréo, quelles ont été les démarches au niveau de la CNCL ?
Pascal:
Ils ont demandes une autorisation d'émettre, cela c'est fait assez facilement. La première autorisation a été donnée en 1982, parue et publiée au Journal Officiel. Ainsi officiellement la radio a été reconnue. Ainsi Rochefort Contact Stéréo a émise pendant quelques années.
Fabrice:
Il y avait beaucoup moins de contraintes que de nos jours.
TAM-TAM:
Contraintes a quel niveau ?
Fabrice:
Contraintes administratives, et puis aussi du point de vue du CSA, en ce qui concerne les admissions de fréquences.
Pascal:
Le CSA quand il a été mis en place, il a crée sa bible. C'est a dire: faut faire ca, faut faire pas ca. Ils ont instaures des lois en radios qui n'existaient pas avant, car chacun faisaient ce qu'il voulait en radio. On pouvait appeler a manifester par le biais de la radio, cela ne gênait pas.
TAM-TAM:
Le fameux appel a manifester de la radio d'NRJ par exemple ?
Pascal:
Tout a fait, alors que maintenant il y a des règles, des lois qu'il faut respecter sinon nous sommes pénalisés. Nous avons l'obligation d'enregistrer des émissions.
TAM-TAM:
Mais est-ce des règles restrictives ou des règles a l'avantage de la radio ?
Pascal:
Ce n'est pas a l'avantage des radios en principe. Faut faire très attention de ce que nous disons et ce que nous faisons.
TAM-TAM:
Mais ces règles permettent-elles l'épanouissement d'une radio ?
Fabrice:
Si, cela peut jouer un petit peu, par rapport aux fréquences. Pas trop brouiller la bande FM.
Pascal:
Oui effectivement. Chacun est délimité. Chacun a sa place . C'est le seul avantage qu'il peut y avoir.
TAM-TAM:
Mais étiez vous en concurrence avec d'autres radios locales qui étaient déjà crées ou devaient se créer ?
Pascal:
Il n'y avait pas de radios de crées lorsque Radio-Rochefort est née, donc pas concurrence locale. Mais en 1984 lorsque le CSA a été mis en place, celui-ci a fait des appels a candidatures et c'est crées a ce moment pleins de radios locales. Et donc a Rochefort il y avait Estuaire 17 en 1984 qui avait une autorisation d'émettre comme Rochefort Contact Stéréo et c'était deux radios concurrentes.
TAM-TAM: Les mêmes fréquences ?
Pascal:
Pas les mêmes fréquences, mais les statuts étaient les mêmes, c'était une association a la base, et pas la même couleur politique.
TAM-TAM:
Couleur politique ?
Pascal:
Oui, nous a Rochefort, nous sommes loges et éclairés par la ville, nous ne faisons pas de politique. Nous en parlons pas, mais pour les commerçants de la ville, pas pour les auditeurs, nous avons quand même une couleur politique, nous sommes considérés comme un peu la radio de la ville car nous sommes loges, éclairés et chauffes par la ville.
TAM-TAM:
Etes vous donc sponsorises par un groupe de commerçants, d'élus locaux ou autres ?
Pascal:
La ville de Rochefort au début en 1984 a accordée des subventions a la radio allant de 100.000 Frs, les trois premières années ont été de 100.000 Frs, et après c'est descendu a 80.000 Frs, 70.000 Frs. La dernière étant plus que de 50.000 Frs, et après il n'y en a eut plus du tout puisque la publicité prenait la place et nous permettait donc de vivre de nos propres moyens. Mais les commerçants sponsors, ce sont des commerçants qui prennent de la pub car ils ont un retour. Mais les commerçants qui nous donnent de l'argent pour dire " Tiens ont aura une radio a Rochefort " cela n'existe pas.
TAM-TAM:
Cela n'existe pas ?
Patrice:
Non !
Pascal:
Non, ils nous donnent de l'argent parce que nous, ont leurs donne de la pub, ont leurs vend quelque chose. Mais sinon si ont leurs vends pas un service ils nous donneront pas de l'argent pour dire " Tiens, cela va aider la radio, et ont va la conserver ". Ont aura un media sur la ville.
Patrice:
C'est toujours avec un oeil très commercial.
Pascal:
C'est le cote commercial.
TAM-TAM:
Il y a pas une personne qui va ce dire " Tiens, je vais aider une radio " comme une personne peut aider une association, comme on peut aider une fondation ?
Pascal:
Non, non ! Aucun chef d'entreprise n'est venu, en nous disant " Je vais vous donner de l'argent, pour que vous existiez. ". Il n'y a que la Mairie qui nous a soutenue.
TAM-TAM:
Gratuitement ?
Fabrice:
Non !
Pascal:
Cela n'existe pas, ou alors s'il le font, si dans les années passes il y eut des personnes qui l'ont fait, des entreprises qui ce sont mis là-dedans, c'est qu'il y avait un intérêt derrière, quand même.
TAM-TAM: Mais alors, vous parliez de politique. Mais dans quelle idée la politique vient-elle dans la radio, car en dehors du message musical, il y a avait une idée politique derrière ?
Pascal:
Il y a beaucoup de radios qui sont politisées. Je prends le cas d'Estuaire 17 a Rochefort a l'époque, c'était la radio de Michel Faure, qui est l'opposition a Rochefort. Donc il avait sa radio.
TAM-TAM:
Il délivrait ses messages ?
Pascal:
Il les délivrait pour les élections, je veux dire il avait quand même une priorité, une majorité. Alors que maintenant, le CSA a quand même mis des freins, des temps d'antennes et tout cela qu'il faut respecter.
Fabrice:
C'est un point positif !
Pascal:
Voila un des points positifs mais ce qui n'empêche pas que si une radio comme Estuaire 17 était restée a Rochefort, on savait et tout le monde savait que la couleur politique d'Estuaire 17, c'était la gauche.
TAM-TAM:
Il y avait-il une demande de la part d'auditeurs potentiels de la région de Rochefort, lorsque vous avez crées votre radio ?
Pascal:
Demande ? Je ne sais pas s'il y avait vraiment une demande. La demande est venue quand on a propose notre service.
TAM-TAM:
Il y avait des auditeurs qui attendaient quelque chose ?
Fabrice:
Il y avait une attente
Pascal:
Si, il y avait une attente
Fabrice:
Oui, une attente de l'information locale ...
Pascal:
Voila, une attente sur le plan local, une communication locale.
TAM-TAM:
On attendait que quelqu'un fasse quelque chose ?
Pascal:
Voila !
Fabrice:
Il y a toujours une attente.
Pascal:
Il y a deux trois ans en arrière l'audience a chutée, parce que les réseaux prenaient le dessus, mais la on sent que les auditeurs en ont marre des réseaux et ils reviennent doucement vers les radios locales.
Fabrice:
Voila !
Pascal:
Aux radios indépendantes de qualités !
TAM-TAM:
Est-ce que vous avez le sentiment que le CSA favorise plus les grands réseaux que les radios locales ?
Pascal:
A en croire le CSA, celui-ci est pour les radios locales. Pour la survie des radios locales et pour qu'il existe dans les villes des radios locales. Mais il y a un système et des loi Un système qui n'est plus adapte a ce que l'ont veut aujourd'hui. Quand il y a des absences de radios sur une ville, il est inadmissible d'attendre des mois, des années, pour qu'il y est un nouveau appel a candidature partiel ou complémentaire pour pouvoir émettre sur une ville. Alors, quand il y a un manque de radios, ont devrait étudier des dossiers qui se présentent, voir s'ils sont viables et éventuellement accorder des fréquences provisoires ou définitives, de façon que les radios locales ne manquent pas dans les villes. Et actuellement le CSA, ce n'est pas du tout cela. C'est a dire qu'ils font des appels a candidatures pour que tout le monde soit égaux devant la Loi, pour qu'il n'y est pas de favoritisme, et le problème de ces appels a candidatures, c'est le jour ou cela parait dans un quotidien tel que le Sud-Ouest ou autre, il y a des gens qui lisent cette annonce et se disent " Tiens, j'ai bien envie de créer une radio locale avec des copains." Donc, ils montent un dossier, et ils se présentent a l'appel a candidature. Donc la plupart du temps ce sont des gens qui ne savent pas faire de la radio, qui ne savent pas comment se gère une radio, qui ne connaissent pas les contraintes d'une radio. Et ont accorde des fréquences a ces gens la ! Et c'est ce qui c'est passe en 1984, en Charente-maritime. On a accorde des fréquences a des gens qui n'avait jamais fait de radio. En 1984, en Charente-maritime il y avait 22 radios locales. Il n'en reste plus que 06. Ce qui explique leurs disparitions. Ce n'est pas du aux réseaux, pas du tout. Malgré le fait qu'ils ne nous ont pas arranges sur le plan commercial, mais le problème c'est que toute les radios qui ont disparues, la plupart des radios qui ont disparues, avaient toutes de gros problèmes financiers, du a une mauvaise gestion. Le CSA, a mon avis, devrait étudier au fur et a mesure les dossiers qui se présentent et dans la mesure ou il y a des manques sur des villes, il devrait accorder des fréquences provisoires, plutôt que de faire des appels a candidatures, qui mettent tout le monde devant la Loi sur le même pied, c'est vrai, mais qui ne sont pas toujours juste, Parce que ce ne sont pas des professionnels qui héritent des fréquences. Donc, c'est la seule contrainte administrative, parce que le reste, quand vous vous implantez dans une ville, vous avez pas systématiquement besoin de l'autorisation de la mairie, si vous êtes une entreprise ou une association privée, vous pouvez vous y installer. La sous-préfecture il n'y a pas de problème. Il faut simplement faire attention au niveau de l'émetteur, de ne pas déranger les télévisions. Mais la aussi, c'est encore des règles avec le CSA.
TAM-TAM:
Mais quels sont vos rapports avec la SACEM ?
Pascal:
Très bonne dans les mesure ou nous les payons tous les mois. Et bien justement, le problème financier des radios qui ont disparues, c'est que justement comme je disais tout a l'heure, c'est qu'elles ne payaient pas la SACEM, et autres frais financiers. Un jour la SACEM s'est mise en " colère ". Ils ont crées une association de défense. La SACEM vis a vis des tribunaux a été reconnue, et maintenant elle peut se défendre devant les tribunaux. Et ceux qui ne payent pas la SACEM, sont perdant aux niveaux des tribunaux.
TAM-TAM:
Est-ce que vous rencontrez des problèmes, maintenant que votre radio est autorisée ?
Pascal:
Non ! Aucun !
TAM-TAM:
Faites vous partie d'une association de radio, tel que Ferarock, Radio Associative Rock ?
Pascal:
Non, non. Nous ne faisons partie d'aucunes associations de radios.
TAM-TAM:
Donc vraiment autonome ?
Fabrice:
Indépendant !
Pascal:
Autonome !
TAM-TAM:
Quel est, pour la radio Styl-FM, sa surface de propagation géographique ?
Pascal:
Notre couverture suivant nos statues, est que nous sommes la radio de Rochefort et du pays Rochefortais. Nous sommes implantes a Mauragnes en Charente-Maritime qui est le point le plus haut du département, et grâce a cet emplacement, notre couverture ....
Fabrice: Quasiment tout le département !
Pascal:
Exactement. Le confort d'écoute n'est pas parfait dans les autres villes, il faut le préciser. On nous reçoit, mais il n'y a pas un confort d'écoute comme le Rochefortais pourra l'avoir. Mais des habitants de Saintes, de la Rochelles nous écoutent.
TAM-TAM:
Rencontrez vous vos auditeurs, au travers d'animations de magazines, ou autres manifestations culturelles ?
Fabrice:
D'une part il y a des animations commerciales qui sont crées par la radio. De la, a en rencontrer ... Si, on peut rencontrer des auditeurs potentiels.
TAM-TAM:
Il y a-t-il des auditeurs qui viennent vous voir en vous disant " Tiens, tu animes tel émission ! "
Pascal:
Non ! C'est fini ce temps, les gens ne font plus attention aux animations dans les magasins. C'est un bruit, c'est un animateur qui parle. Ils ne viennent pas pour voir un animateur.
TAM-TAM:
Donc vous rencontrez pas vos auditeurs ?
Fabrice:
Cela arrive !
Pascal:
Cela arrive, mais se sont quand les auditeurs viennent chercher leurs cadeaux.
TAM-TAM:
Il y a-t-il un prolongement de vos émissions entre vous et vos auditeurs, par le biais du courrier ?
Pascal:
Non. Si nous avons une émission du matin. Le Kesako, ou les auditeurs envoient des questions. De même au travers du standard.
Bruno: Il y aussi des trucs qui chope les gens, ils nous téléphonent et nous engueulent.
Pascal:
Si, si les auditeurs sont la, sont présent. Il y a une liaison.
TAM-TAM:
Combien d'animateurs sont payes en tant que salaries par la radio Styl-FM ?
Pascal:
D'animateurs radios, il y a trois animateurs d'antennes plus la commerciale.
Jean-Claude:
Théoriquement il en faudrait six. Parce que actuellement je vis sans secrétariat.
TAM-TAM:
Et les autres ?
Pascal:
Ce sont des animateurs bénévoles. Qui font cela et qui en même temps font autre chose. Et qui aiment la radio.
TAM-TAM:
Est-ce pour eux une manière de ce faire connaître ?
Fabrice:
Non pas du tout. C'est une passion. Que nous avons envie d'assouvir et une manière de participer a la vie de la radio. Ce qui n'engage pas du tout la qualité de l'antenne. Il y a vraiment un grand suivi dans la ligne que la radio veut suivre. Il y a très peu de différence.
TAM-TAM:
Justement, y a t-il une atmosphère Styl'FM ?
Patrice:
On peut parler d'une atmosphère Styl'FM. Ouais. Très peu de différence justement entre les salaries et les bénévoles. Je parle au sein du personnel.
TAM-TAM:
Au sein du groupe, il y a bien une atmosphère Styl'FM !
Bruno:
Oui, tout a fait ! Les gens se battent pour un produit. Tout a fait. Il faut savoir qu'au mois de Mai, la radio était censée fermer, et quoiqu'il arrive, nous avons été une dizaine d'animateurs a rester pendant une semaine et demie a la radio 24/24h. On dormait ici, on mangeait ici.
Fabrice:
On vivait ici !
Bruno:
Tout a fait. Pour défendre la radio !
TAM-TAM:
La radio Styl'FM ?
Bruno:
Le logo Styl'FM ! L'appellation Styl'FM. Le produit Styl'FM.
TAM-TAM:
L'animateur étant le fer de lance de la radio, avez vous eut du mal, a trouver de bons animateurs ?
Bruno:
Non, nous étions déjà tous la !
Jean-Claude:
Il y beaucoup d'animateurs, mais les bons, il faut les trier. Il faut les sélectionner au fur et a mesure.
Pascal:
Il y a des bons !
TAM-TAM:
y a t-il de mauvais animateurs ?
Pascal:
Ils ne sont pas la !
Jean-Claude:
Il y a plus de mauvais que de bon !
Bruno:
Tu parles de la radio en générale ?
Jean-Claude:
Non, je parles des animateurs qui ont défilés ici !
Pascal:
Jean-Claude:
Il a eut beaucoup de mauvais qui sont passes. Il y en a eut de très bons qui sont restes, et après qui sont partis.
Pascal:
Faut trier !
Jean-Claude:
Il y a un déchet énorme
TAM-TAM:
Peut-on parler d'un métier d'animateur de radio ?
Pascal:
Ah oui ! Tout a fait !
TAM-TAM:
Une personne qui sort d'une école d'animateur de radios, peut-elle venir ici a Styl-Fm, et vous apercevoir ensuite qu'elle est mauvaise ?
Pascal:
Cela dépend ou il est forme !
Jean-Claude:
Déjà, il est moins mauvais celui qui a suivi des stages d'animateurs.
TAM-TAM:
Comment êtes vous devenu, Jean-Claude, président de l'association de la radio Styl-FM ?
Pascal:
C'est un accident ! ( rires )
Jean-Claude:
C'est un cas particulier.
TAM-TAM:
Regardez, celui qui a crée NRJ !
Jean-Claude:
Il ne faut pas prendre le cas de cette radio et une radio associative. Faut mettre a part les radios comme ...
Pascal:
Les réseaux !
TAM-TAM:
Au début NRJ, était pas un réseau !
Jean-Claude:
Non, il y avait une arrière pensée qui existait, qui n'existait pas ici. En associative, c'est quelque chose de plus local, de moins ambitieux. Avec beaucoup de motivations. Alors que si vous prenez des réseaux tels que NRJ, SKYROCK, ou EUROPE 2, c'est commercial. Ils s'en foutent ...
Pascal:
De l'auditeur !
Jean-Claude:
Du produit. Ce qu'ils veulent c'est de l'argent ! Tandis que nous au départ c'est une autre motivation. C'est de faire de la radio, pour faire plaisir aux auditeurs. Et ce faire plaisir a soi-même. Mais le but financier vient ...
Pascal:
Apres !
Jean-Claude:
Il est forcement pris en considération après. Mais au départ la motivation, c'est de faire de l'antenne, des émissions. C'est pas pris du même point de vue que les grands réseaux. Même si au départ vous avez l'impression que cela est associatif, le but financier est derrière. Tandis que nous, dans les petites stations locales, que ce soit ici, a Fourras ou a Surgeres, au départ c'était pour faire de la radio.
Pascal:
Oui !
Jean-Claude:
Pour faire plaisir aux auditeurs. Et puis ce faire plaisir a soi- même, puisque c'est une association. Il faut que l'on en retire quand même un petit quelque chose. Mais, le point de vue financier, n'est pas pris en considération. On nous oblige a le prendre.
TAM-TAM:
On vous oblige ?
Jean-Claude:
Oui, par la force des choses. Il faut que l'on trouve de l'argent. Et a partir la et ben ... il faut ramer. Et puis faire des choses qu'on voudra et que l'on est oblige de faire. Et qu'on le veuille ou non, associatif ou pas associatif, vous avez la sangsue qui s'appelle la SACEM, et la SPRE
TAM-TAM:
La SPRE ?
Pascal:
Oui !
Jean-Claude:
C'est le même organisme que la SACEM, et qui veut nous ponctionner de l'ordre de 6% ...
Pascal:
Du chiffre d'affaire !
Jean-Claude:
Si vous touchez une subvention de 1000.00 Frs, et bien il faut donner une certaine somme a la SACEM, une certaine somme a la SPRE, plus tous les autres. Car il y en a pleins. Alors comment faire pour ne pas parler d'argent après ?
TAM-TAM:
Bien sur !
Jean-Claude:
Et les stations qui font de la radio comme nous, ont est en train de se faire liquider les unes après les autres a cause de ces choses.
TAM-TAM:
Justement, est-ce que la SACEM ne pourrait pas vous aider ?
Jean-Claude:
( Rire ). Ils s'aident d'abord eux et après ...
TAM-TAM:
Mais les auteurs-compositeurs, ils ont pas envie quelque part, que vous passiez leurs disques ?
Jean-Claude:
Non ! Ils passent par des producteurs, des maisons de disques. qui eux nous envoient leurs disques. Car si nous les passons a l'antenne, il y a des ventes de disques.
TAM-TAM:
Mais c'est quand même vous qui faites vivre indirectement les auteurs-compositeurs, alors ne pensez vous pas que la SACEM ne pourrait pas vous aider financièrement ?
Jean-Claude:
Non, non ! C'est tout du bluff tout ce qu'ils disent. Les soi- disants grands organismes ils aident peut-être les gens qui en ont pas besoins, mais pas ceux qui en ont besoins. Au contraire. Ils nous foutent devant les tribunaux parce que nous ne payons pas assez de cotisations. J'ai des sommes énormes a payer a la SACEM, et comme j'arrivais pas a payer, ils nous foutent des pénalités qui viennent nous enfoncer un peu plus. Et ils nous menacent des tribunaux.
TAM-TAM:
Est-ce que vos animateurs savent vendre votre radio ?
Jean-Claude:
Pas assez ! Peut-être, ont y vient par la force des choses parce qu'il y a l'intérêt financier, qui en fait un enjeu. Mais on savait pas se vendre jusqu'à présent. On va savoir se vendre maintenant, on commence un petit peu ! D'avoir une image différente, essayer de rechercher une notoriété. Pourquoi ? Car on a besoin d'argent !
TAM-TAM:
C'est votre sentiment que les animateurs ne savent pas vendre la radio Styl'FM ?
Jean-Claude:
C'est pas ca. Pour eux au départ, ils faisaient de la radio, ils se faisaient plaisir. Ils faisaient plaisir aux auditeurs. Mais le but principal ils ne cherchaient pas absolument a se vendre. Ils voulaient faire plaisir aux gens. Tandis que maintenant nous recherchons une écoute plus importante, plus étendue. Nous trichons sur les rayonnages, alors que la CSA nous oblige a une certaine distance, nous les dépassons. Tout le monde force sur les puissances des émetteurs, car les gros réseaux nous étouffent. Il y a une guerre. C'est une guerre que l'on le veuille ou non !
TAM-TAM:
Et vous Pascal, en tant qu'animateur est-ce que vous pensez que vous savez vendre votre radio ?
Pascal:
A une époque, je l'ais vendue sur le plan commercial.
TAM-TAM:
Mais quand tous les jours, vous parlez a la radio, est-ce que vous savez la vendre ?
Pascal:
Oui, oui !
TAM-TAM:
Vendre le logo Styl'FM. Le fond Styl'FM ?
Pascal:
On le vend pas ! On propose un programme et on essaye de rester le plus fidèle a ce programme. En respectant les auditeurs. Il faut d'abord respecter les auditeurs. Si l'auditeur est respecte a ce moment la, c'est facile a vendre. S'il y a l'écoute, s'il y a l'auditeur, a ce moment la oui ! Et pour avoir l'écoute, pour avoir l'auditeur, il faut être la tous les jours. Il faut respecter l'auditeur ! Le vendre c'est cela déjà !
Jean-Claude:
On ne peut pas exiger des animateurs bénévoles une assiduité comme celle que l'on exige des salaries. A partir du moment ou il y a des salaries, il y a un suivi qui est un peu plus sérieux. C'est pour cela que tout a l'heure je disais que l'association au départ était faite que d'animateurs bénévoles, qui étaient pleins de bonnes volontés, mais quand ils avaient une affaire personnelle qui urgeait, elle passait bien avant de faire leur émission. Donc l'auditeur était pas respecte. Maintenant que nous sommes devenus comme les réseaux, en fonction du fric , a partir de ce moment les salaries font leurs travail. Ils sont obliges de l'assumer. En plus il y a le PLUS, car ils aiment ce qu'ils font. La plupart des animateurs de radios aiment la radio, donc ils le font bien. Et ceux qui ne l'aime pas, ils ne restent pas. D'eux même ils s'en vont car ils ne peuvent pas suivre le rythme.
TAM-TAM:
Qu'est-ce qu'un animateur attend de la radio ?
Pascal:
Je le fais, car j'adores ce métier, et c'est mon métier. Et je ne le fais pas pour rechercher le vedettariat. Cela fait plaisir qu'il y ait des auditeurs qui préfèrent mon émission aux autres, qui vous écoutent. Mais je ne fais pas cela pour le vedettariat. Je m'en fous complètement. Tout dépend de l'ambition que l'on a.
Jean-Claude:
Ceux qui ont les grosses têtes n'ont rien a faire dans les stations de radio comme la notre. Cela pertube plus qu'autre chose. Ils crées un déséquilibre au niveau des autres animateurs.
Pascal:
Ouiais !
Jean-Claude:
En général les animateurs, même les très bon, ils sont content quand ils ont eut beaucoup d'audience.
Pascal:
Cela fait plaisir.
TAM-TAM:
En tant qu'animateur, est-ce que vous avez des anecdotes a nous raconter ?
Bruno:
Le patron est la, alors on va pas pouvoir les sortir, les anecdotes. On va attendre qu'il se barre.
Jean-Claude:
Salut. Allez je vous laisse !
Pascal:
J'ai été bénévole dans cette radio pendant un an. Je commençais très tôt le matin a cinq heures. Et j'avais une auditrice qui était une fan du matin, qui écoutait toujours mon émission. Qui me téléphonait presque tous les jours. Un jour en discutant de choses et d'autres, elle pensait que j'étais salarie, je lui ais dit que j'étais bénévole. Et dans la journée, ou dans les jours qui ont suivi, son mari qui est venu en m'apportant une enveloppe. Et dedans j'avais un billet de 500.00 Frs. Elle a fait cela deux mois de suite. C'est a dire qu'elle payait son animateur.
Bruno:
Il n'est pas rare a chaque Noël, que des auditeurs nous apporte des gâteaux. Des chocolats. Des trucs comme ca !
TAM-TAM:
Vous avez des gags qui vous sont arrives ?
Bruno:
La radio c'est un gag des le départ ! C'est un boulot ou on est la pour gagner. Pour apporter la bonne humeur. Donc des choses qui peuvent paraître drôle aux gens qui écoutent la radio. Dans l'émission que j'animes chaque soir, c'est des gags préparés. Mais des gags vraiment gags. Le principe du gag c'est que l'on se fait moucher sans s'y attendre.
TAM-TAM:
N'avez vous jamais eut un moment formidable qui vous est tombe sur le crâne ?
Bruno:
Si, quand la radio devait fermer. Un après-midi ont a reçu un coup de téléphone. Quand la radio devait fermer une semaine avant la fermeture, ont avaient dit aux auditeurs, " Appelez, on va faire une chaîne jusqu'à la date fatidique. 24h. sur 24, il faut qu'il y est des appels ". Et cela avait hyper bien marche. Et un après- midi, Hop coup de téléphone, et Karine qui était a l'antenne me dit " Prends le téléphone, parce qu'il y a de la musique. Je ne sais pas qui c'est ! ". Alors Hop je prends le téléphone, et j'entends de la musique. Et puis tout d'un coup, cela re-décroche. Et j'entends " Oui Bonjour, c'est bien la radio de Rochefort ? Oui ! Bonjour Europe 1. Émission d'Arthur. " Le mec se présenté " Voila je suis Remy ! Je bosses sur Europe 1 avec Arthur et Les Pirates. Je fais partie des Pirates. Et il y a un auditeur qui a laisse un message sur notre répondeur, en nous disant qu'il y avait une radio qui fermait a Rochefort en Charente-Maritime. Et il s'avère que j'ai travaille sur une radio a Rochefort qui s'appelait Rochefort- Contact-Stereo avant ! " Alors je lui dit que c'était l'ancienne appellation. C'est nous ! Il connaissait Pascal, enfin bref ! Il nous dit " Ont a décidé de faire un truc pour vous. A 16h15, ont vous téléphone. Vous passerez en direct sur Europe 1." Et a 16h15, il y a Arthur qui a appelé. Ont est passe en direct sur toute la France. Et pendant plus de vingt minutes, ont a reçu des appels de Belgique, d'Angleterre, des quatre coins de la France, pour nous soutenir, quoi !
Pascal:
Oui, cela c'est vrai !
TAM-TAM:
Quel style de musique écoutez-vous en dehors de vos de travail ?
Bruno:
De tout !
Pascal:
Aucun !
Bruno:
De tout ! J'aime beaucoup le classique. Mon premier réflexe quand j'arrives chez moi, quand je me lèves le matin, quand je rentres dans ma voiture, c'est de mettre la radio. Pas forcement celle-ci, je zappes partout pour voir partout ce qu'il ce fait sur toutes les radios. Pour voir tout ce qu'il sort en musique. Et je suis a l'écoute de toutes les petites perles musicales qui puissent sortir. J'avoue qu'il est beaucoup plus rare que j'écoute du classique, de l'accordéon, ou du hard vraiment hard-rock. Mais j'aimerais autant un Charles Aznavour qu'un dernier Master-Boys en Dance Music. Je craquerais autant dessus.
Pascal:
Et moi, j'écoutes rien du tout, parce que non, lorsque je suis parti de la radio j'écoutes plus rien ! A part les informations !
Bruno:
La radio c'est pas un métier en soit !
Pascal:
A part les informations, mais la musique ...
Bruno:
Si c'est un métier, je veux dire mais ...
Pascal:
J'allumes jamais la chaîne chez moi, pour écouter un disque !
TAM-TAM:
Est-ce que vous écoutez Styl-FM chez vous ?
Pascal:
Hum .... ( Rires )
Bruno:
Ouais ! J'écoutes pas que Styl-FM, loin de la, mais j'écoutes Styl-FM
TAM-TAM:
Mais écoutez vous l'émission d'un autre animateur, sur la radio Styl-FM ?
Fabrice:
Oui, fréquemment ! Pas assidu mais fréquemment !
Bruno:
Tu m'écoutes pas tous les soirs, toi ? Enculé va !
TAM-TAM:
Est-ce que vous avez une autre activité, en dehors de celle d'animateurs radio ?
Bruno:
Je suis disc-jockey en plus le week-end.
Pascal:
Rien ! Cela me suffit la radio.
TAM-TAM:
Mais est-ce la radio qui a fait que tu es devenu Disc-Jockey ou le contraire ?
Bruno:
J'ai suivi le cursus logique. J'ai fait de la radio pour faire de la boite. Et pas le contraire. En général ceux qui sortent de boite pour faire de la radio, sont des guignols ! En général.
TAM-TAM:
Pan dans la ...
Fabrice:
Non, mais c'est vrai !
Bruno:
Non, mais c'est vrai ! Faut être honnête.
TAM-TAM:
Donc d'abord savoir parler derrière un micro avant ...
Bruno:
Exactement ! Un D.J. qui animes en boite les trois quarts du temps ont ne comprend pas ce qu'il dit, parce qu'il est porte par la foule ! Tandis quand vous avez fait de la radio avant et qu'ensuite vous parlez en boite, les clients de boites vous diront " Tu parles mieux au micro par rapport a d'autres D.J., on comprend ce que tu dis ! ". Facilité d'élocutions, c'est certain !
TAM-TAM:
Qu'est-ce que vous pensez de la musique que l'on passe dans les boites maintenant ?
Bruno:
( Rires )
Pascal:
( Rires )
Karine:
( Rires )
TAM-TAM:
Est-ce vous qui re-mixez certains disques comme font certains D.J. ou passez vous simplement un certain style de musique, sans en changer la forme musicale ?
Bruno:
Moi, je passes que de la techno dans la boite ! Un peu de rock. Mais bon, c'est la clientèle qui demande cela ! C'est une boite qui tourne a 800-900 clients par Samedi soir. C'est une demande. Si les clients dansaient sur le rock, je leurs passerais du rock, c'est certain ! Mais en ce qui concerne le style de musique, oui il y a une évolution. Elle moins fortuite lorsqu'on est passe du style Deep-Purple au style Depeche-Mode. La cassure est moins grande. Que de passer de Depeche-Mode a Master-Boys comme maintenant ! Mais c'est un suivi.
TAM-TAM:
Est-ce que vous pensez qu'il existe au niveau musical une régression de la créativité musicale, ou n'y a t-il pas un nouveau style de musique qui est en train de se créer ?
Pascal:
Non, je ne pense !
Bruno:
J'avais vu graphique qui avait été fait dans un magazine. Je crois que c'est sur Best ou sur Rock and Folk, ou sur Show Magazines, ou ils étaient partis de la musique a ces sources, donc classique, Pour d'un point de vue chronologique remonter, pas de l'an 0, mais du Moyen-Age jusque maintenant montrant ainsi les évolutions de la musique. Il est intéressant de noter que certains styles de musiques que l'on écoute maintenant, étaient au départ des sons très moyenâgeux, très antique. C'est marrant, même si cela en a pas garde l'esprit !
TAM-TAM:
La créativité musicale est-elle actuellement en stagnation ?
Bruno:
Non, je ne penses pas ! Je penses que cela n'a jamais autant crée que maintenant. Le seul problème, c'est que comme certaines notes de créativités sont plus ou moins concordantes ont a plus ou moins l'impression que c'est toujours la même chose.
TAM-TAM:
Est-ce que vous avez des magazines radios, sur la vie rochefortaise ?
Pascal:
Nous n'avons pas de magazines radios. Nous avons des informations locales. Ce n'est pas un magazine pour savoir ce qu'il se passe dans la ville.
TAM-TAM:
Essayez vous de donnez des informations sur des événements spécifiques, tel que le cinquantenaire de la libération de Rochefort.
Pascal:
Tout a fait. On a colle a l'actualité. Nous avons été faire des reportages. On a reçu dans les informations, le cure qui a sonne les cloches le jour de la Libération de Rochefort. On est oblige ! Une radio indépendante doit coller a l'actualité, si elle veut être écoutée. C'est le cheval de bataille l'information, par rapport aux réseaux !
TAM-TAM:
l y a-t-il a la station Styl'FM une personne qui impose les disques a diffuser ?
Pascal:
Non ! Il n'y a pas de programmateurs. Chacun choisit son programme musical, mais tout en sachant que nous nous sommes donnes comme ligne de conduite: le matin d'avoir 90 ou 80% de chanson française, entre 07h00 et midi; après-midi 50-50% jusqu'à 18h00; et le soir 90% de musique étrangère. Donc on le sait et on fait notre programme en fonction de cela. Moi, le matin entre 07h00 et 09h00, du Lundi au Vendredi, je programme 99% de chansons française dans un émission intitulée " Réveillez vous, on s'occupe du reste ! ". Bruno après moi, entre 09h00 et 12h00, toujours du Lundi au Vendredi programme 100% de chansons françaises avec une émission intitulée " Le canal des cadeaux ! ". Après-midi, entre 14h00 et 18h00 Karine programme 50% de français et 50% étrangers, avec son émission intitulée " Pause Café ". Et Bruno revient le soir entre 18h00 et 20h00, programme par contre 90% étrangers, et 10% français avec " 22, V'la les tubes ! ". C'est pour cibler plus jeune. Le matin on est plus vieux. C'est une radio généraliste.
TAM-TAM:
Vous a-t-on oblige de diffuser tel disque ?
Bruno:
Non ! Les maisons de disques nous l'imposent indirectement. Mais si le disque ne nous plaît pas, on le passe pas ! On leurs réponds que le disque ne nous intéresse pas. On trouve qu'il n'est pas de bonne qualité. Ou on ne pense pas qu'il sera un tube. On n'est pas obliges. On ne nous payent pas pour passer des disques !
TAM-TAM:
Et ensuite ?
Pascal: Ensuite, nous raccrochons de 20h00 a 07h00 le lendemain avec une
banque de programmes, qui s'appelle l'AFP ( l'Agence France Presse ), qui nous fournis toutes les informations nationales, ainsi qu'entre 12h30 et 14h00. L'AFP animes par le biais d'animateurs.
TAM-TAM:
Combien de CD recevez vous par jours, gratuitement ?
Pascal:
Gratuitement, on doit recevoir cinq ou six CD par jour. C'est pas énorme mais bon ... C'est pas mal dans l'année !
TAM-TAM:
Que deviennent les CD que vous ne diffusez pas a l'antenne ?
Pascal:
On les donne en cadeau. On les donne dans les animations. On les donne aux auditeurs ! Nous, cela nous intéresse pas mais peut-être que les auditeurs découvrent quelque chose qui leurs plais.
TAM-TAM:
Pour vous, un vieux Brel peut-être un disque récent ?
Pascal:
( Silences ) Cela dépend de la couleur de la radio. Etant une radio généraliste et qui le matin a presque 99% de chanson française, Brel fait parti du programme. Pour nous il est récent parce c'est ce que l'on veut actuellement. Il y a trois ou quatre ans, nous n'aurions pas passe un Brel a Styl'FM le matin. On n'y pensait pas du tout. Alors, que maintenant nous avons change notre politique de la programmation.
TAM-TAM:
Est-ce que pour vous les trois grands de la FM, Sky-Rock, Fun, NRJ, sont-elles des concurrents pour vous ?
Pascal:
Non !
TAM-TAM:
Ne serait-ce que pour le confort d'écoutes ?
Pascal:
Non !
TAM-TAM:
Copiez vous les réseaux ?
Pascal:
Non ! A une époque, les radios locales ont copies les réseaux. Ils ont voulu faire pareil, parce qu'elles voulaient être comme les réseaux. Même nous, ici cela a été fait a une époque ! Et on s'aperçoit que cela ne rapporte rien. Et puis en radio tout a été fait, il n'y a plus rien a faire !
TAM-TAM:
N'avez vous pas pense un jour monte un gros canular radiophonique, comme avait fait Orson Wells avec " La guerre des Mondes " ?
Pascal:
Oui, on peut mentir. Ce que nous ont dit a la radio, pour les auditeurs dans la plupart du temps, c'est parole d'évangile. Le media c'est parole d'évangile !
Bzzzzzzzzzzzzzz .....
Plouf-Pluc: Brouillage de l'écoute !
Le citoyen X27, a mis a ce moment sa tentacule droite-droite dans
le pot servant a la culture des betteraves vertes, entraînant un court-
circuit général, nous obligeant a ne plus recevoir les paroles que
s'échangeaient les humanoïdes. Nous pouvons quand même dire qu'ils
semblaient inhaler une fumée sortant de petits tubes qui grésillaient,
alors qu'ils échangeaient des sons.
Ecoute faite en l'an Spirale Jaune XXX000.11AB01.99.4 le 04.10. En
espérant que notre grand Touffia Rouge-Putois comprendra mieux les
bipèdes qui émettent des sons vers l'espace, engendrant ainsi un
hérissement continuel de nos poils places sous les bras des tentacules
gauche-gauche et gauche. Baveuse reconnaissance ........
Laurent DUBOURG.
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_ __ / De notre envoyé Spécial: |
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\\ /__\ // \\ // | Régis Tremvlad, Voici... |
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SCORN
(En cinq lettres)
Interview de Mick Harris du groupe SCORN (composition, batterie, percussions et machines) recueilli par le Fanzine HESODIA
Curieux, comme on peut s'amender... Cold-wave matinée de dub, trance a dominante électrique, mélodies douces et chaloupées, panoplie définitivement laissée au vestiaire, les deux repentis de Napalm Death et du métal tendance death que sont les membres permanents de Scorn semblent bien virer câlins et spiritualité Tout pare de lumineux atours industriels, Evanescence, le dernier-né de Scorn prouve mieux que les mots ne sauraient l'exprimer qu'on peut abandonner le combat sans renoncer a son âme ou, plus simplement, au bel attrait de l'inexploré, de l'informulé. Evanescence, dites-vous ?
HESODIA:
Pensez-vous que votre musique est proche des racines, adaptée ou en avance sur son temps ?
Mick Harris:
Je pense que ce n'est rien de tout ca. Scorn, c'est juste deux personnes qui jouent de la musique et développent des idées, des idées que nous partageons, et que nous ressentons. Donc, pour Scorn, l'objectif, dès le départ, était de faire une musique hypnotique, pour le corps et l'esprit. Je ne pense pas que nous soyons en avance, ni en retard sur notre temps, mais on essaye d'aller de l'avant, et on progresse... Scorn, c'est d'abord de la musique pour nous, avant tout. Il faut que ce soit quelque chose qui nous intéresse, qu'on ressente intérieurement. Donc, ca ne répond pas a ta question, mais ca y répond quand même, si on veut. Scorn est une musique vraiment personnelle pour Nick et moi, et on partage complètement les mêmes idées. On a le sentiment de faire quelque chose d'enrichissant.
HESODIA:
Pourquoi ne parles-tu jamais du troisième membre de Scorn ?
Mick Harris:
Parce que Jimmy, le guitariste, joue avec nous en studio et sur scène, mais il écrit rien. C'est Nick et moi qui écrivons tous les morceaux de Scorn. Donc, Jimmy est bien le troisième membre de Scorn, mais juste pour le studio et la scène. On apprécie vraiment tout le travail et les efforts qu'il fournit pour Scorn, mais le groupe se résume en fait a deux personnes, a savoir moi et Nick Bullen.
HESODIA:
Que penses-tu de cette définition de votre musique : de la musique adulte pour des auditeurs adultes ?
Mick Harris:
La musique de Scorn est pour tout le monde, pas spécialement pour des adultes, ni pour des jeunes. C'est pour ceux qui partagent ces mêmes idées, ce feeling que nous partageons, Nick et moi. Dire que c'est une musique adulte, ce serait négliger pas mal de monde. Je ne sais même pas ce que ca veut dire, une musique adulte. On joue de la musique pour les gens ouverts d'esprit, qui ont envie d'entendre quelque chose de différent. Scorn n'a pas toutes les recettes, mais on a le sentiment de faire quelque chose de diffèrent, d'assez novateur par rapport a ce qui se fait en ce moment, et... je ne sais pas... encore une fois, je réponds a cote de ta question... (Rires).
HESODIA:
Comment peut-on passer de Napalm Death a Scorn ?
Mick Harris:
Scorn et Napalm Death sont deux formes extrêmes de musique, avec deux sons très différents, deux groupes dans lesquels je me suis vraiment éclaté Je me suis bien amuse avec Napalm Death mais c'est arrive a terme - toute bonne chose a une fin, malheureusement -, mais maintenant, c'est Scorn et personne ne m'enlèvera ca de la peau comme on m'a enlevé Napalm Death. D'autres membres du groupe ne comprenaient rien a la musique, et continuent a ne rien y comprendre, d'ailleurs. Pour nous, Scorn n'est rien de plus qu'une autre manière de faire de la musique, une musique expérimentale, comme était celle de Napalm. Napalm Death cherchait a amener le métal a ses limites, nous on fait la même chose avec Scorn, même si ce ne sont pas les mêmes limites, bien sur. Mais encore une fois, nous ne cherchons pas a prouver quoi que ce soit. Napalm Death ne cherchait pas a prouver quoi que ce soit non plus, et pour Scorn c'est la même chose, de ce point de vue. On fait de la musique et a la fin de la journée, c'est ca qui compte. On ne cherche pas a attirer qui que ce soit, on ne cherche pas a prouver quelque chose, il n'y a pas de message dans notre musique, c'est juste de la musique. Napalm avait des messages, plein de messages dans les paroles, qui ne voulaient vraiment rien dire pour moi. Pour moi c'est la musique qui compte, et c'est ca qui compte pour Scorn.
HESODIA:
Et au sein-même de Scorn, comment avez-vous évolué ? Votre musique était nettement plus violente au début
Mick Harris:
Ouais, mais l'idée d'origine est restée, malgré tout. Moi, j'étais batteur dans Napalm Death, et Nick aussi venait de Napalm Death, il en était même le fondateur en 1981, et il est parti en 1987. Donc tu as la basse et la batterie. Ca, c'est l'épine dorsale de n'importe quel groupe, c'est la section rythmique. Donc... Donc l'idée originale est toujours la, créer une musique rythmique, hypnotique. C'est vrai qu'il y a eu différents changements dans notre son, mais finalement, l'idée originale est toujours la. On a eu plusieurs guitaristes qui se sont succédé dans le groupe pour l'enregistrement des disques. Par exemple, sur le premier c'était Justin Broadrick - sur Vae solis -, de Godflesh, donc c'était un album forcement plus rock dans le son, mais c'était le style de Justin, qui nous plaisait bien, et qu'on aime toujours, même si c'est pas une représentation de Scorn tel qu'on peut l'entendre aujourd'hui, si on écoute Evanescence. Mais si tu écoutes Vae solis, puis Colossus et maintenant Evanescence, tu verras qu'il y a un lien, une continuité entre les trois, que chacun a été une phase d'une même progression. Il y a une véritable unité, et donc Evanescence est l'aboutissement de cette progression, avec l'apport de Jimmy Popkin, le guitariste, qui a apporte son propre son, une dimension nouvelle pour donner toute sa plénitude au son de Scorn, une touche qui lui faisait défaut. On a enfin trouve le guitariste qu'il nous fallait pour le travail de studio et de scène, et on compte bien le garder avec nous... ou peut-être que c'est lui qui va nous garder ! (Rires). Bon, bref, si tu écoutes Scorn, l'idée d'origine est toujours la mais maintenant on travaille mieux et plus vite, notamment avec les machines, et puis c'est comme pour tout, avec l'habitude, on progresse. On sait ce qui marche et ce qui marche pas. Et je pense qu'Evanescence, pour nous, est vraiment ce qu'on a fait de mieux. Mais toujours en exploitant les mêmes influences, qu'on avait déjà développées dans les deux premiers albums.
HESODIA:
Pensez-vous que le nom du groupe est toujours approprie a la...
Mick Harris:
ca ne veut rien dire ! Le nom du groupe ne veut rien dire ! On préférerait l'appeler juste musique C'est simplement un mot de cinq lettres (rire narquois de votre serviteur), qu'on aimait bien. Ca racontait peut-être quelque chose au moment ou j'ai quitte Napalm (scorn signifie mépris en français, NDLR), je veux dire que Scorn, c'était un bon mot pour exprimer ce que je ressentais a l'époque, c'est un mot court, ca sonne bien, et ca décrivait un certain état d'esprit. La haine, quoi. Donc c'est un nom qu'on aimerait mieux ne pas avoir, mais bon, il est la, et on va pas le changer maintenant... De toute façon, il ne signifie rien.
HESODIA:
Et vous allez continuer dans le même esprit, ou ce n'est qu'une étape de plus pour vous ?
Mick Harris:
On change a chaque disque ! On a tellement d'idées qu'on ne va pas rester bloque sur une formule. Le prochain disque sera encore plus intéressant (rires), encore beaucoup plus défoncé, plus névrotique, alors... Ouais, Scorn va faire encore au moins deux albums, deux albums complets, et tout ce que je peux dire c'est que, pour nous, ce sera encore plus intéressant. Je ne sais pas, mais nous on est prêt pour le prochain disque. On aimerait bien faire deux disques cette année, mais c'est impossible a cause du label. Le seul truc que je peux dire, c'est qu'il n'y aura pas de nouvel album de Scorn sur Earache Records. On cherche un nouveau label en ce moment, on n'est vraiment pas satisfaits du boulot d'Earache Records. Ce n'est pas le label dont on a besoin pour le groupe. On a perdu pas mal de ventes parce que les gens évitent le label, quand ils voient Earache sur le disque. On ne trouve pas Scorn dans les bons rayons, on trouve toujours Scorn dans le rayon métal/hard-rock. Pour être franc, ils nous font vraiment chier. Je suis le seul dans le groupe a avoir signe avec Earache, en tant qu'artiste. Quand j'ai signe avec Napalm Death, j'ai signe sous mon nom, M.J. Harris, donc je ne suis pas oblige de refaire un disque de Scorn pour Earache, mais il me reste encore un disque a faire pour Earache d'après mon contrat, a titre personnel. Donc je vais préparer un nouveau projet pour ca, et pendant ce temps-la, Scorn va chercher un autre label. Mais il y aura un nouvel album avant la fin de l'année, c'est sur. On ne va pas perdre de temps. On sortira un disque ou au moins un mini-LP dans les huit a dix mois qui viennent. On va s'y mettre dés notre retour.
HESODIA:
Pourquoi avez-vous annule votre dernier concert en France ?
Mick Harris:
Mais on a joue, il y a deux ans.
HESODIA:
Non, je parle du concert...
Mick Harris:
mais si, on a joue il y a deux ans a Paris. C'était il y a exactement deux ans.
HESODIA:
Vous étiez censés jouer l'année dernière.
Mick Harris:
Ah oui, pour Colossus ? l'année dernière, au moment ou il est sorti... D'ailleurs, Earache n'a fait aucune promotion sur le disque, et c'est pour ca qu'on a du annuler. Il n'y avait aucun soutien logistique, pas d'argent, et on a du annuler, c'est dommage. Les gens ne savaient même pas qu'on avait sorti Colossus, la plupart n'en savaient rien. C'est dommage.
HESODIA:
L'aspect tribal de votre musique a-t-il une signification particulière ?
Mick Harris:
Eh bien, c'est juste une question de rythme. Je suis batteur, donc j'aime la batterie, le rythme, les percussions... Le cote tribal nous tient a coeur car, encore une fois, il contribue au rythme, a cet effet hypnotique, trance. Alors c'est quelque chose qui nous plaît, a Nick et a moi, et en même temps c'est assez minimaliste, alors... voila, c'est quelque chose qu'on aime bien faire passer dans notre musique. Mais je n'ai pas l'impression qu'on fait de la musique ethnique, et de toute façon ce n'est pas notre objectif. Mais on aime certaines choses dans cette forme de musique, il y a des idées qui nous plaisent. Et une fois de plus, Nick et moi nous formons une section rythmique, c'est comme ca que ca fonctionne dans Scorn, et en tout cas c'est cette voie qu'on veut explorer.
HESODIA:
Une question ésotérique : y-a-t-il une vérité dans la récurrence ?
Mick Harris:
La récurrence ? Qu'est-ce que tu veux dire ? Je ne connais même pas le mot. (Il rit.) Explique-moi. Je n'ai jamais entendu parler de ca.
HESODIA:
Je pensais justement au caractère hypnotique, répétitif de votre musique...
Mick Harris:
Ah, dans la musique de Scorn ? Oui, bien sur, tout est base sur la repetition, si tu écoutes Scorn. On travaille justement sur la repetition de thèmes courts... Si tu veux, tout repose sur la basse, les thèmes de batterie en boucle, les samples... On n'utilise pas les samples pour faire des sons, mais plutôt pour créer une pulsation rythmique... oui, c'est ca, une pulsation, c'est comme un battement... c'est une repetition... Oui, c'est quelque chose qu'on a toujours utilise, qu'on utilisera toujours, et même davantage a l'avenir. Je ne sais pas si j'ai répondu a ta question... C'est bizarre, Y-a-t-il une vérité (Rires). C'est vraiment une question bizarre. Je ne sais pas y répondre. La seule réponse que je peux faire, c'est : oui, la repetition est importante pour Scorn. On s'en sert comme d'un appui, c'est ce qu'on essaye de garder dans Scorn.
HESODIA:
Y aura-t-il un deuxième album de Ice (cf. Hesodia numéro 5) ?
Mick Harris:
J'ai rien a voir avec ca. C'est juste Justin Broadrick et Kevin Martin, de God, et Pathological Records. J'aime pas spécialement Ice. Le premier disque...
HESODIA:
je ne sais pas s'ils comptent en faire un deuxième, s'ils vont continuer. Ils ont fait un morceau pour le .Virgin Ambient #4 Isolationism... Tu le connais ?
Mick Harris:
Non.
Mick Harris:
C'est une série de compilations de Virgin, la quatrième édition et il y a aussi un morceau de Scorn dessus, et aussi un morceau de moi en solo, sous le nom de Lull...
HESODIA:
Mais qui joue dans Ice ?
Mick Harris:
C'est Justin Broadrick, plus le tout premier batteur de Terminal Cheesecake, Kevin Martin de God, le bassiste de God, Dave Cochran. C'est leur projet dub, leur petit projet dub. J'aime pas trop ca. Ce n'est pas structure, ils ont fait ca trop vite. C'était leur premier album, Under the skin. Le deuxième devrait être plus intéressant, ils passeront probablement plus de temps dessus. J'aime bien l'idée qui est derrière, mais j'ai l'impression qu'a peine l'idé leur est venue, ils se sont précipités en studio sans prendre le temps d'y réfléchir vraiment. Pour moi il y a deux morceaux vraiment géniaux, mais le reste, je ne peux pas écouter, ca ne m'apporte rien. Mais il y a de bonnes idées. Je pense que s'ils y passent plus de temps, s'ils y réfléchissent ils pourraient faire quelque chose de bien.
HESODIA:
Qu'est-ce qu'un bon concert de Scorn , pour toi ?
Mick Harris:
C'est bon tous les soirs. Pour nous, les concerts, c'est deux personnes sur scène, Jimmy et Nick, et moi derrière la table de mixage, a trafiquer le son. On passe un film en super-8. On utilise le film plutôt que la vidéo, parce qu'on aime les films. C'est une atmosphère sombre, il n'y a pas de lumière, simplement un film a regarder. Alors, ce qu'on dit, c'est que c'est une musique pour le corps et l'esprit. Les gens peuvent danser s'ils veulent, ou bouger... ils peuvent méditer si ca les branche de méditer Je ne veux pas dire que c'est une musique faite pour la méditation, mais c'est une possibilité. En tout cas, ca marche pour moi, ca m'aide a me détendre. C'est une approche intéressante, quelque chose a écouter, a ressentir, a regarder... Ca permet aux gens de créer, d'atteindre un autre état de conscience, une autre dimension, avec le son et les images... Alors, viens ce soir, et j'espère que ca te plaira... En tout cas, moi ca me plaît, et ca plaît a Jim et a Nick aussi... Pour nous, on fait ce qu'on veut faire, c'est quelque chose de personnel, qui vient du coeur... Donc j'espère que les gens vont aimer ca autant que nous... enfin, s'il n'y a pas un truc qui foire. (Rires).
Propos recueillis par Regis Tremvlad.
Tire du HESODIA No 7
Fanzine trimestriel
Vendu au prix de 10frs !! (c'te blague !! a ce prix la j'en prends 2)
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_ __ / De notre envoyé Spécial: |
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\\ /__\ // \\ // | Crane (Hesodia), Voici... |
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CLARIKA
Ironie, jazz, salsa, valse et eau fraîche
Interview de la chanteuse Clarika
Clarika est la drôle de gamine signée chez Boucherie, celle qui écrit un peu comme elle pense, en se moquant du monde et de ses aléas, tristes sensations qu'elle transforme en phrases griffues et poétiques. Des ambiances surannées, des vieux relents d'amours débutantes, une rage adolescente, se dissimulent pudiquement sous le premier abord des textes, bien trop humoristique pour être honnête. L'artiste est une femme de scène, qui tourne d'ailleurs beaucoup depuis quelques temps. Tu seras prévenu, Clarika ne fait pas du rock, plutôt de la variété, et j'ai l'impression que la qualité de ses chansons est violemment marquante, en regard de tous les préjugés (parfois fondes évidemment) qui accompagnent cette catégorie musicale. Interviewer Clarika, c'est comme aller boire un pot avec une copine. Rien n'est établi, ca suit le cours du temps, sans moments ni questions imposes (a poser ?). Ses réponses, beaucoup plus qu'elles ne se cantonnent a un simple rapport ponctuel activités, dérivent de façon franche et très explicite, sur les difficultés (grandes ou petites) a faire de la musique aujourd'hui, a trouver sa place dans un genre, dans une maison de disques, devant un public. Explications.
HESODIA:
Qu'est-ce-que le Studio des Variétés ?
Clarika: En fait, c'est une école qui te prend en formation professionnelle. Y'a un concours d'entrée au départ, des sélections, et ca permet, en étant pris en charge par un organisme, de pas raquer 300 balles de l'heure pour un cours de chant. Déjà, ca c'est une des raisons qui m'ont fait aller là-dedans.
HESODIA:
Et tu dois présenter quelque chose, au départ ?
Clarika:
Ouais, tu présentes une cassette avec deux titres. Mais maintenant ca marche plus comme ca, c'est des stages... enfin c'est plus des stages de perfectionnement. Voila. Moi j'étais sur les deux formules, j'ai fait des stages et puis quelques cours.
HESODIA:
En fait ca te donne une petite formation ?
Clarika:
Voila. T'apprends pas a être sur scène par exemple : moi, ca m'a permis de prendre des cours de chant, de toucher a ca, tu vois, de voir un peu comment ca se passait. Ca m'a permis de faire des cours d'instruments, du solfège c'est bien aussi d'avoir des bases musicales !
HESODIA:
Est-ce que tu expliques le fait qu'on retienne en premier lieu le cote humoristique de tes textes, et seulement après leur cote amer ?
Clarika:
Non, mais ca m'étonne pas, mais ce qui se dégage c'est d'abord le cote extérieur, caustique. Moi c'est ce que j'aime bien, c'est le cote entre guillemets tragi-comique, tu vois. De toute façon, rien n'est vraiment drôle ou vraiment tragique, quoi, y'a du drôle dans le tragique et le contraire.
HESODIA:
Mais ca, tu le gères ou ca vient comme ca ?
Clarika:
Ah non, je le gère pas.
HESODIA:
Est-ce que ta formation littéraire t'a bloquée dans l'écriture ? Mon bel héros par exemple, a quand même une structure très littéraire
Clarika:
En fait, j'ai un parcours bizarre, enfin pas commun. j'étais en licence de lettres et depuis... bon, ca fait trois quatre ans que j'ai arrêté, je lis presque plus. Enfin, j'ai beaucoup lu jusqu'au bac et puis après, la fête, les copains, la facilite, je lis plus, enfin presque plus, et ca me manque. Des fois je me dis putain, il faudrait que je m'y remette.
HESODIA:
Donc ca t'a pas bloquée ?
Clarika:
Non, ca m'a aide, c'est pour ca que j'aimerais m'y remettre.
HESODIA:
Et tu irais vers qui ?
Clarika:
Bah la, je lis un truc de Queneau, en parallèle avec un truc de Julien Gracq (rires). Et j'ai du mal a accrocher, parce que j'ai plus l'habitude, c'est vrai qu'au bout de cinquante pages, faut que je me remette a... c'est fou, hein...
HESODIA:
Et en plus ca doit pas être facile quand tu voyages d'emporter tes affaires.
Clarika:
Ouais, mais j'ai envie. D'ailleurs on a bazarde notre télé y'a trois semaines, enfin on l'a mise au placard.
HESODIA:
C'est bien, ca !
Clarika:
Ouais ! Ca faisait un moment qu'on se le disait, mais on l'avait pas fait. C'est vrai, t'allumes ta télé le soir, t'es crevée puis a un moment, je commençais a en avoir un peu marre... justement, ca permet de relire, écouter la radio...
HESODIA:
J'aimerais que tu me parles de la chanson Un peu bizarre (superbe chanson sur la folie enfantine, emmenée par une valse déjantée, NDLR)
Clarika:
C'est pas de moi, tu sais, ca ? Ouais, c'est une chanson... que j'adore...
HESODIA:
Moi aussi.
Clarika:
qui est d'un auteur-compositeur qui s'appelle Hervé Jean-Pierre.
HESODIA:
Il la chantait ?
Clarika:
Non. En fait il m'a fait écouter c'est quelqu'un qui a rien fait de connu encore, j'aimais bien sa manière d'écrire, j'avais lu des textes, comme ca, et il m'a file un petit bout de cassette avec des airs de chanson, et il y avait celle-la, juste guitare / voix, mais très grave, et j'ai commence a la faire. J'aime bien la dimension qu'elle a, la simplicité, la c'est vraiment du premier degré.
HESODIA:
Mais c'est assez vertigineux quand même.
Clarika:
Ouais. Apres, Jean-Jacques (Nyssen, le directeur artistique, compositeur, arrangeur et conseiller de la dame, NDLR) a travaille les arrangements et puis bon voila, quoi. D'ailleurs j'en ai demande d'autres a Herve.
HESODIA:
Et dans cette chanson, on a l'impression que ta voix s'efface devant le couple piano / accordéon. Par rapport aux arrangements de Jean-Jacques Nyssen, la façon dont tu interprètes les chansons vient de toi ou est décidée d'un commun accord ?
Clarika:
Ca vient après, en fait. Pour l'album, c'est un peu particulier, parce que Jean-Jacques, il a vraiment fait le travail d'arrangements et de réalisation et d'un autre cote, y'avait l'ingénieur du son. Et je devrais peut-être pas le dire, mais y'a eu un peu un désaccord a ce niveau-la. Donc le produit de l'album est pas exactement a l'image... enfin nous, on n'est pas ingénieurs du son et c'est vrai que ce que lui a fait, il a pris les choses en main, c'est normal, c'est son boulot et nous, au niveau du son, du mix, on était pas toujours très content de la voix, du timbre, de la brillance des accords. Y'a des morceaux qui, quand on les joue en live, sont plus brillants, quoi. La, on se retrouve sur l'album avec des choses parfois très confidentielles, alors que nous, c'est pas du tout ce qu'on recherche.
HESODIA:
Sur quels titres par exemple ?
Clarika:
Par exemple, quand t'écoutes le début de Tu dors tout l'temps, quand nous on le joue, c'est vraiment basse/batterie/percus, c'est quelque chose qui pète, et quand tu l'entends sur disque c'est un peu prêtons l'oreille tu vois, et ca, ca m'emmerde parce qu'on a fait l'album dans un souci de simplicité, on cherche pas a faire une musique marginale et je trouve que le son de l'album... ca empêche pas que je l'aime bien, l'album (sourire), bon, c'est le premier, c'est bien, les petits défauts mais c'est vrai que le son, ouais enfin nous, on s'en rend compte, on pourrait dire qu'on chipote, mais je crois que c'est important mine de rien, même si les gens sauront pas dire pourquoi ca les accroche pas.
HESODIA:
Sinon, après c'est toi qui vois la façon dont tu interprètes tes chansons ? Il n'y a pas d'accord avec Jean-Jacques ?
Clarika:
En fait je lui amène un texte, je commence a le chanter avec lui sur trois accords, et lui il rajoute, il écrit la partie accordéon, la partie basse, le piano il écrit une base, mais bon le pianiste, il a une formation classique, c'est intéressant puis le batteur, c'est plus droit, il amène aussi des choses et après moi je fais mon truc, quoi.
HESODIA:
Et l'omniprésence de l'accordéon, ca s'est décidé au départ ? Ca donne une certaine violence. Je sais pas si tu connais un album que Guidoni a fait avec Astor Piazzola ou, grâce a l'accordéon, ca donne une sorte de violence...
Clarika:
Non je connais pas. Moi, j'adore l'accordéon mais bon, on va dire que c'est a la mode.
HESODIA:
Oui, mais sur l'album il se retrouve partout.
Clarika:
Ouais. Puis en plus, on n'a pas voulu l'utiliser spécialement dans le genre musette. C'est Jean-Jacques qui a écrit toutes les parties accordéon. J'aime bien. C'est a la fois violent et très doux, très mélancolique. En plus, ca peut s'adapter a pas mal de styles, sans connoter forcement franchouillard. Ca s'adapte bien a une salsa, un mambo, quelque chose de plus rock, ou une ballade.
HESODIA:
Si tu pouvais sortir certains artistes des majors ou les déterrer, qui mettrais-tu avec toi chez Chantons sous la truie (section .chanson française/de Boucherie, qui comprend également Gabriel Yacoub, interviewe dans ce même numéro, NDLR) ?
Clarika:
Qu'est-ce que j'aime bien, alors ?
HESODIA:
En gros, ouais ! Pas forcement d'ailleurs, mais qui tu verrais avec toi dans ce label.
Clarika:
Je sais pas... Dans mes choix de chansons, je suis pas hyper originale. J'aime les grands classiques et pas forcement les anciens. Bon, j'aime bien l'écriture d'Alain Souchon, par exemple, mais il doit être très bien dans sa maison de disques (rires) ! J'aime bien l'écriture de Bashung. J'aime bien cette génération la de gens, qui sont encore la et qui maintenant sont arrives, donc des gens comme Souchon, enfin l'écriture, hein, Bashung... j'ai pas mal écouté Couture; bon, Gainsbourg comme tout le monde, c'est vrai que je trouve qu'il écrit merveilleusement bien. Voila, un peu ces mecs qui sont la depuis un moment. Pour les femmes...
HESODIA:
Sapho ? (Oui, je sais, encore elle, mais je suis fan, d'ailleurs, je passe la semaine prochaine a Bas les masques sur le thème je suis fan des gens auxquels personne ne pense plus, NDLR)
Clarika:
Sapho, j'ai décroché (j'en étais sure, ma prestation a Bas les masques sera bouleversante, NDLR). J'ai écouté a une époque, je sais plus trop ce qu'elle fait.
HESODIA:
Elle chante en arabe, maintenant. Il parait d'ailleurs que les arabes ne la comprennent pas tout a fait quand elle chante.
Clarika:
C'est qui, la chanteuse qu'elle reprend ?
HESODIA:
Oum Kalsoum. Pour parler d'autre chose, y'a une chanson dans ton album, Superwoman, qui est assez différente des autres, par la musique, et aussi les paroles, qui sont un peu plus générales. Est-ce que tu t'opposes a une certaine chanson messagiste, qui parle de grands thèmes, etc. Ca te fais chier ?
Clarika:
Un peu, ouais. Enfin, disons... j'ai l'impression qu'il y a des moyens de le dire différemment, tu vois.
HESODIA:
En partant du plus petit pour aller au plus grand ?
Clarika:
Voila. C'est vrai que Combien de murs (le chef-d'oeuvre de Bruel, NDLR)... ou alors, faut être complètement investi là-dedans, enfin je trouve ca un peu prétentieux, déplacé surtout les chanteurs, c'est quand même un milieu relativement privilégié et protégé, et donc se mettre a dénoncer des trucs, on peut le faire a sa petite échelle, sans que ca devienne le thème de la chanson. Moi, ca me dérange souvent, la chanson a message... je dis pas, la chanson peut avoir cette vocation là, mais souvent, j'ai l'impression que c'est un peu... enfin, j'ai pas d'exemple a part Bruel... mais si on se met a dénoncer des choses avec des grands mots et des larmes dans les yeux, ca veut rien dire, quoi.
HESODIA:
Tu n'as pas trop de rapport avec les autres artistes de Boucherie, mais quand tu prends Pigalle ou les Dix Petits Indiens, c'est aussi des gens qui parlent du quotidien, des rues de Paris, etc.
Clarika:
Je crois que c'est réaliste, enfin en ce qui me concerne, contemporain. Enfin, quand on dit chanson réaliste, on peut penser a l'après-guerre, Frehel, quoi.
HESODIA:
Si tu avais été sur Boucherie a ce moment-la, tu aurais participe a la compile Ma grand-mère est une rockeuse (composée uniquement de reprises de Piaf et Frehel, un album magnifique, que je te conseille vivement de posséder, d'autant que les CD Boucherie sont maintenant a 100 balles, NDLR) ?
Clarika:
Ah, si ils me l'avaient propose, oui c'est sur.
HESODIA:
Et t'aurais pris quoi, Piaf, ou Frehel ?
Clarika:
Je sais pas. Je connais plus Piaf, quand même.
HESODIA:
Est-ce-que ca te fait un peu peur, tous les cliches qu'on peut mettre derrière le terme jeune artiste français ? On dit jamais jeune artiste anglais par exemple.
Clarika:
Oui. En même temps, a la limite ca me fait pas tellement peur, parce que y'a tellement de choses, enfin il me semble... c'est assez diffèrent, donc finalement... ca veut pas dire grand chose, a part que c'est notre premier album.
HESODIA:
Et ca tient a quoi, qu'on dise ca ? Est-ce-que c'est quelqu'un qui sait écrire, sur une musique agréable ?
Clarika:
Je sais pas. Franchement je sais pas.
HESODIA:
Parce qu'a la limite, jeune artiste français, on va pouvoir te mettre dans le même sac que Mylene Farmer ?
Clarika:
Ouais, je sais pas. C'est peut être une étiquette de reconnaissance, pour dire : Voila, c'est nouveau, sans essayer d'aller dans le détail.
HESODIA:
C'est une solution de facilite aussi.
Clarika:
Oui, voila.
HESODIA:
Est-ce-que les objectifs que Boucherie t'a fixes correspondent aux tiens ?
Clarika:
Disons qu'on a beaucoup discute, notamment avant de signer, ce qui est normal, quoi. Nous, on avait un impératif qui était la scène. On sait très bien que c'est aussi le moyen pour nous de gagner un public et de le fidéliser, etc. Surtout que notre premier album, on a fait vraiment notre truc, tu vois, ne pas faire trop de compromis machin... la scène c'était indispensable pour vivre, a la limite, y'avait un choix ultime a faire. Bon, il faut l'album, mais si je devais choisir, j'aimerais pas être une chanteuse d'albums, qui attend chez elle qu'on l'appelle pour faire une promo. Donc, les objectifs, ils sont assez joints, on est assez d'accord pour l'instant. C'est vrai que Boucherie, c'est une maison qui a pas beaucoup d'argent par rapport a d'autres maisons de disques ou on nous offrait des ponts d'or... En même temps, c'est des gens, tu sais que... encore que, même si tu signes chez une major, si ca marche, ca marche, si ca marche pas, c'est fini... chez Boucherie, ce sera un peu plus long, parce que malheureusement y'a des impératifs de stratégie, tout ca. Ils sont la derrière et ils vont pas te lâcher parce que... En plus, pour notre premier album, ils nous ont laisses relativement libres. Avec un petit budget, ca s'est bien passe, c'était la rançon de la liberté artistique et si c'est ca, tant mieux (rires).
HESODIA:
Vous avez discute, pour faire beaucoup de scène ?
Clarika:
Mais je crois que eux, leur politique, c'est que leurs groupes fassent vraiment de la scène. Ce qui est pas toujours évident eux, ca leur rapporte pas forcement. Nous on a un tourneur, qui est indépendant de Boucherie, justement ils ont eu l'intelligence de se rendre compte qu'on n'a pas le créneau exactement Boucherie, même si ca peut se rencontrer, et qu'on va pas nous foutre en première partie de Hoax !
HESODIA:
La, tu es partie au Canada tourner ton clip et après tu as fait un concert a Bruxelles...
Clarika:
Ouais, avec Maurane. Très très bien. En plus, je redoutais un peu, enfin... c'était une soirée juste piano / voix.
HESODIA:
C'était dans quel cadre ?
Clarika:
C'était une soirée organisée au Botanique, je sais pas si tu connais. C'est un lieu de la chanson, un peu comme l'Olympia. Et donc c'était une soirée piano féminin, ou y'avait Maurane, Catherine Lara (elle se marre), une chanteuse québécoise qui s'appelle Louise Forestier, qui est très connue au Quebec, et moi. j'étais l'inconnue. Et c'était organise par ceux qui font les Francofolies en Belgique, qui m'avaient vue en concert et qui avaient bien aime, quoi.
HESODIA:
Et donc, c'était que piano / voix ?
Clarika:
Ouais. Ca me dérangeait pas, si tout le monde était piano / voix. C'était vraiment super. En plus, moi, Catherine Lara, je suis pas... fanatique a priori, Maurane, je trouve qu'elle chante très bien mais c'est pas forcement ma tasse de the, je me disais ca risque être très chanson et en fait c'était vraiment très très bien.
HESODIA:
Justement, c'est quoi, ta définition du rock ?
Clarika:
Sincèrement, j'en ai pas vraiment, quoi. Si on considère que le rock, ca devrait... par exemple nous on fait pas du rock, mais on s'est rendu compte que la critique rock nous chroniquait et qu'on avait même des très bonnes critiques. Au départ, on s'est dit que c'était pas la peine de l'envoyer a certains journaux. En Belgique, on a eu des super chroniques dans tous les journaux vraiment rock. C'est pour ca, je me dis, je sais pas trop, le rock, ce que c'est... C'est vrai que j'écoute pas mal de chanson, même de variété parfois hyper légère par exemple en français qu'est-ce-qu'on appelle rock ? J'arrive pas a définir. J'ai été donc plutôt baignée par la variété et si j'écoute du rock maintenant, c'est des choses soit anglo-saxonnes, soit les Rita Mitsouko par exemple... ca j'aime bien. Au départ, c'était quoi ? C'était être subversif, c'est énergie, quoi...
HESODIA: Moi, j'opposerais ce que tu fais a la notion de rock, parce que pour moi, le rock, c'est quelque chose de brut et ce que tu fais, ca me semble très réfléchi il y a une opposition, mais je pense que c'est normal que la presse rock te chronique.
Clarika:
Ca prouve que y'a pas les barrières auxquelles on pense entre les trucs.
HESODIA:
Et si demain Jean-Jacques Nyssen t'écrivait une musique de death métal, tu chanterais dessus ?
Clarika:
De toute façon, ca dépend du thème, ca dépend de la chanson, parce que je peux aimer des trucs vraiment hard tout d'un coup, quoi... Disons que musicalement, on n'a pas de fermeture. Par exemple en ce moment, Jean-Jacques est parti sur... carrément un rai, quoi et... voila, c'est venu comme ca, on n'a pas dit : On va faire un rai, mais bon, je lui ai amené des paroles, il m'a dit : Tu vois quoi, la ?, puis voila, on est en plein dans un rai !
HESODIA:
Ca, c'est pour le second ?
Clarika:
Ouais, pour une chanson, hein, c'est pas le concept de l'album.
HESODIA:
Dans combien de temps vous allez le sortir ?
Clarika:
En fait le premier est sorti en janvier dernier et le second, il sortirait... a la rentrée prochaine, quoi, en septembre 95.
HESODIA:
Entre temps, tu vas faire de la scène ?
Clarika:
Oui. Entre temps, je vais déjà écrire le second, enfin on a déjà commence, mais c'est vrai qu'on avait un répertoire finalement assez... petit, puisque on a... Donc on a commence a écrire des chansons qu'on fait déjà sur scène et c'est vrai que comme les tournées s'organisent a l'avance, y' a pas mal de dates, de festivals, des trucs, donc cette année on va encore tourner avec certains plans et essayer aussi les nouvelles chansons sur scène pas arriver juste pour l'album avec les trucs, quoi... et puis on va l'enregistrer au printemps.
HESODIA:
Et la aussi, Boucherie vous a laisses complètement libres ?
Clarika:
Bah pour l'instant ouais.
HESODIA:
François Hadji-Lazaro, il écoute ?
Clarika:
En fait, très simple, comment ca s'est passe, même notre rencontre, ca va vite, quoi... j'avais envoyé mes cassettes, j'étais en train de traiter avec deux maisons de disques, et puis Boucherie, on avait envoyé, une fois on avait rappelé et on était tombe sur quelqu'un qui nous avait dit oui, non... on avait carrément laisse tomber, et puis un jour, alors que j'étais vraiment avec une autre boite, on téléphone, cet homme qui me dit Boucherie Productions, qu'il avait écouté le truc et que ca les intéressait, mais qu'ils aimeraient écouter plus de trucs enregistres, donc on dit non, c'est les maquettes qu'on a faites, et la personne dit ouais, mais on aimerait quand même enregistrer une repetition, au moins qu'on ait une idée puis bon, au moment de raccrocher, je dis c'est qui, enfin c'est de la part de qui... c'est François Hadji-Lazaro (rires) ! Enfin bref, on a enregistre avec des moyens un peu améliorés une repetition, on a renvoyé, puis bon, ca s'est fait vraiment hyper vite, je sais pas, j'ai du avoir le coup de fil... en mai. En mai donc, ils recevaient la première cassette. Quinze jours après, ils nous rappelaient pour dire ca nous plaît, mais on aimerait un concert. Quinze jours après, concert, auquel est venu tout le staff avec même des gens des groupes, puis en juillet on signait, et l'album est sorti en octobre... donc ca a été vite, par rapport a une major par exemple, ou ca dure des mois et des mois, voire des années, ca a été fait dans une urgence bénéfique.
HESODIA:
Et pendant l'écriture de l'album, ils écoutaient au fur et a mesure ?
Clarika:
En fait on avait le répertoire, donc lui il a signe vraiment sur onze chansons, quoi. Il en a entendu six-sept sur cassette et puis il en a entendu en concert. Donc y'a pas eu de censure de sa part, alors qu'il y a sûrement une chanson ou deux qu'il aime moins dans l'album, mais il a accepte la globalité. Sur le second, il a envie d'entendre d'autres choses, évidemment, c'est vrai que si on se met a dévier complètement (rires) ! Il a son mot a dire mais en même temps il n'est pas censeur, c'est bien, quoi. C'est aussi le problème dans les grosses boites, c'est qu'il y a toujours un directeur artistique et que nous on n'est pas un groupe... c'est vrai que je suis une chanteuse, enfin je suis présentée comme telle mais Jean-Jacques, c'est le directeur artistique, quoi, et dans une grosse boite, on sentait que... et moi, c'était ca ou rien, Jean- Jacques a la direction artistique ou je le fais pas, parce que c'est tellement lie que... et on sentait très bien qu'ils avaient envie de prendre les chansons, mais que les arrangements, tout ca, ils avaient envie de faire leur truc a eux... il aurait fallu se battre vraiment.
HESODIA:
On te sent plus a l'aise vocalement sur des rythmes rapides. C'est du au fait que tu as commence a chanter dans des formations rock ?
Clarika:
Les chansons, elles sont écrites comme les histoires, je sais pas, donc y'a des moments... par exemple Fais gaffe, la fin... d'ailleurs on a tourne le clip.
HESODIA:
C'est donc ca que vous avez choisi pour tourner un clip ?
Clarika:
C'est pas nous qui avons choisi, c'est François cette chanson, elle a un parcours très marrant, en fait c'est la première chanson qu'on a écrite Jean-Jacques et moi, puis après, j'ai presque hésité a la mettre sur l'album et François, il l'avait jamais entendue, mais même pas en concert, je la faisais pas toujours et quand je l'ai mise sur l'album j'ai dit : Je sais pas pourquoi, celle-la, elle va pas lui plaire, j'avais une impression que... c'était un peu diffèrent et en fait, c'est la chanson qu'il a le plus aimée, j'étais carrément super étonnée. Enfin c'est pas la seule, y'a Mon bel héros, je sais qu'il aime beaucoup, puis d'autres...
HESODIA:
Et le clip, c'est quoi, a peu près ?
Clarika:
Bah je l'ai pas vu, j'ai même pas vu de rushes, alors vraiment, c'est la grande surprise. Donc le clip, en fait, on jouait Jean- Jacques et moi... Jean-Jacques est déjà un peu sur la couverture (du CD bien sur, NDLR !), parce que... c'est vrai, c'est moi qui chante, donc c'est un peu toujours moi qui suis mise en avant, mais le travail est tellement lie que... donc j'ai souhaite un peu, dans le concept, toujours l'associer dans l'image... sur l'album on le voit un peu au fond qui dort, et je me suis dit par exemple, sur toutes les couvertures, il sera quelque part, comme un signe, un indice... et donc sur le clip, l'histoire, c'est une nana, c'est un peu la chanson en fait, très jalouse, très possessive, jusqu'à l'hystérie, qui a une manie, c'est que pour garder son homme, elle l'enroule dans des monceaux de scotch tout le temps, elle le trimbale et lui... il a rien fait, quoi, il est amoureux et elle... a Montréal, on a choisi un quartier un peu... urbain et a chaque fois, elle est ramenée par les polices du coin, la police c'est un peu Starsky et Hutch, les flics américains, mais un peu gros quoi, avec les flingues, les machins et y'a des petits flashs ou ils rêvent tous les deux de ce que c'était quand tout allait bien, mais quand tout allait bien, c'est déjà des trucs complètement baroques... Jean-Jacques est en ballerine, moi, je joue du violon avec une batte de base-ball, tu vois c'est des trucs... c'est assez fou, quoi. Mais la difficulté, c'était de garder quand même le cote grave de la chanson... donc je sais pas du tout ce que ca va donner au montage... je vais parler d'un clip des Rita Mitsouko qui n'a rien a voir, c'est la chanson Le petit train... c'est horrible, bon déjà la chanson mais même, dans la conception du clip, c'est des danseuses et tout, et puis en plein milieu y'a ca, elle, elle pleure... hyper tragique... et ca j'aime bien, je sais pas si on arrivera... on est vachement anxieux et je sais pas ce que va en faire le réalisateur
HESODIA:
C'est vous qui avez eu l'idée du scénario ?
Clarika:
Nous on avait fait une proposition et puis lui aussi... sa proposition nous a vachement plu et comme il travaillait au Canada avec une équipe et qu'on n'allait pas se voir beaucoup, on s'est dit faisons lui confiance, pensons dans son truc a lui, plutôt que d'essayer de monter quelque chose... on n'a jamais fait de clip. En tout cas dans le projet, il a bien vu ce qu'on voulait mettre, même dans les ambiances.
HESODIA:
Tu vas un peu au ciné ?
Clarika:
Ouais.
HESODIA:
Il y a deux chansons Saoule la chaleur saoule et Mon bel héros qui m'ont fait penser a un film de Claude Miller L'effrontée
Clarika:
Ah oui ! Je l'ai vu, bien sur.
HESODIA:
Toujours ces rappels a l'eau... Tu as des références ciné qui te reviennent quand tu écris, des atmosphères que tu aimerais bien rendre ?
Clarika:
C'est vrai que quand écris j'y pense pas du tout mais ca doit quelque part influer quand tu vas voir des films.
HESODIA:
Qu'est-ce-que tu as vu récemment qui t'a plu ?
Clarika:
Le dernier film que j'ai vu, c'est Ladybird de Ken Loach. J'ai vu un film français, Personne ne m'aime que j'ai adore, c'est une jeune réalisatrice qui s'appelle Marion Vernon, c'est son premier film, avec Bruno Olivier, Bernadette Lafont et Lio... enfin j'adore ce film et je l'avais déjà vu en plus... et j'ai vu Rouge.
HESODIA:
Alors, verdict ?
Clarika:
Moi j'ai bien aime. Comme j'en n'ai vu aucun... j'avais vu La double vie de Véronique que j'avais beaucoup aime... je sais que j'aime bien le cinéma - c'est con, hein -, le cinéma très réaliste. Je trouve ca bien que ca existe, un cinéma très fantastique, mais moi, c'est vrai que le cinéma qui me touche, c'est le cinéma qu'a la limite on pourrait tourner dans le café, voila, c'est souvent des petits films français, avec des tous petits budgets... c'est pas une volonté intello, hein... c'est vrai que le cinéma qui me touche, c'est celui-la, quoi. Mais je reconnais qu'il y a sûrement des super-films avec des effets spéciaux partout, mais moi... ca m'emmerde vite, quoi.
HESODIA:
Ma dernière question : tu n'aimes vraiment pas la campagne (allusion a la chanson L'herbe verte, violent pamphlet hilarant contre nos vertes contrées, NDLR)?
Clarika:
Bah, c'est un peu vrai, quand même (sourire).
HESODIA:
Ca aurait pu être écrit par Woody Allen, cette chanson...
Clarika:
Ouais (rires). En fait, je raconte... je sais pas, t'es jamais venue, nous voir en concert... c'est marrant, parce qu'en concert, je raconte tout un délire sur mon enfance malheureuse, ou le dimanche après-midi, au lieu de passer après-midi chez moi a manger des pop-corn en regardant Starsky et Hutch, on m'emmenait sur les sentiers de montagne pour découvrir la faune et la flore... j'en ai bave, c'était très dur (rires). En fait, c'est pas que je déteste la campagne, mais je m'y ennuie vite... j'aime la ville, en fait. J'ai vécu en province.
HESODIA:
La chanson est vindicative, mais a la limite, c'est peut-être la moins grave...
Clarika:
Ouais, c'est pas grave !
HESODIA:
Et ca fait longtemps que tu habites a Paris ?
Clarika:
En fait j'y suis née, j'y ai vécu jusqu'à l'age de dix ans. Apres, je suis partie de Nice a dix-sept ans pour la Haute-Savoie, mais je revenais souvent a Paris et puis voila, quoi...
HESODIA:
Et Belleville, ca te convient, alors ?
Clarika:
Ouais, je suis jamais restée aussi longtemps quelque part, j'aime bien le quartier, quoi.
HESODIA:
Tu en as d'autres de prédilection ?
Clarika:
Euh... j'aime bien le quartier derrière la place de Clichy, y'a des cotes que j'aime bien par là-bas en fait y'a plein de quartiers de Paris que j'aime bien, j'aime bien Paris en général, j'aime bien les quartiers un peu zone, en fait c'est une ville que je trouve hyper-riche d'un quartier a l'autre
HESODIA:
Encore une attache a Boucherie, ca !
Clarika:
Ouais, c'est marrant (sourire). Ce qui est marrant, c'est qu'avec Boucherie, ca a super colle, mais que moi, avant, quand je les ai rencontres, j'étais pas une aficionado de Boucherie, tu vois, j'écoutais pas... je connaissais bien sur Pigalle, mais toute l'écurie Boucherie, c'est pas des choses que j'écoutais, j'avais des copains qui écoutaient ca, les concerts Boucherie, tout ca...
HESODIA:
Ils sont pas chers, il faut dire...
Clarika:
En plus ouais, c'est vrai qu'ils ont une super politique par rapport a ca. Mais moi, j'étais pas du tout dans cette mouvance alternative-la, mais bon, en même temps, je devais bien sentir une accointance, parce que j'ai quand même envoyé ma cassette... je me disais que ca pouvait coller, quoi. Bon, maintenant, je vais voir les concerts, j'écoute les groupes. C'est vrai que des fois, c'est super loin... Hoax, par exemple... (rires)... Mais je sais que quand j'ai envoyé la cassette, ce qui me plaisait, c'était vraiment leur démarche, leur énergie, leur ouverture d'esprit...
HESODIA:
C'est le seul label, comme ca, tu penses ?
Clarika:
Bon, les maisons de disques auxquelles je m'étais adressée Boucherie était le seul label en fait indépendant sinon, bah j'ai fait les grosses, quoi... je crois que je regrette pas, je fréquente un peu les chanteurs, et je vois comment ca se passe, chez des jeunes. C'est dur surtout de pas pouvoir avoir un dialogue avec la maison de disques. Bon, puis si y'a un truc qui va pas, ca peut arriver, on en parle et voila... et puis je leur fais confiance et ca c'est rare... je crois qu'ils sont honnêtes, quoi, ils sont intègres alors bien sur, y'a... c'est pas toujours rose parce que y'a pas d'argent et c'est vrai que quand tu fais de la variété parce que moi, je fais pas du rock alternatif... bah y'a des compromis financiers qu'on peut pas faire... évidemment que je pourrai pas tout de suite faire certaines premières parties, parce qu'ils ont pas d'argent pour payer, donc ca ira moins vite, mais en même temps, je me dis bon, c'est au prix de ma liberté, de ma confiance. Surtout que je suis pas sure que si j'étais ailleurs... c'est tellement bizarre... je comprends pas pourquoi une maison de disques, elle se met a investir un pognon dingue sur un mec... y'a des mystères moi j'ai un copain, je citerai pas le nom, qui est chez un gros label et il a fait un premier single, qui a commence a passer en radio. Bon, ca passait pas trop mal, enfin c'était très commercial, c'est un créneau, hein... ils ont pas suivi, y'a pas eu d'album, il a fait un album y'a six mois, ils ont sorti un nouveau single, et la il attend... ca fait six mois qu'il est chez lui, a pas savoir quand ca va sortir. Il a mis un an et demi avant d'avoir rendez-vous avec le boss pour demander ce qui se passait... il peut rien faire, il est sous contrat et bon a la limite il nous voit, il voit que finalement, on fait notre petit truc... Il a pas fait de scène alors c'est sur, si ils décident de le sortir, ca va être l'armada, peut être effectivement, au moins il va avoir une reconnaissance, mais je me dis, c'est le même genre de maison de disques, si ca marche moins, ils le suivent plus, c'est clair...
Propos recueillis par Crâne.
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